03 mai 2012
Identité, quand tu nous tiens
Hier soir, nous avons assisté à la classique joute oratoire de l'entre deux tours. Avant et pendant plus de deux heures, les pauvres chaînes d'information continue ont joué la montre, nous présentant "la porte qu'on allait ouvrir", "le bouton sur lequel on allait appuyé" ou "la limousine qui attendait son précieux passager". Grandeur et décadence de la fausse information en direct.
Malheureusement pour eux, pas de sang, pas de larmes, pas de terroristes se jetant sur la voiture de François Hollande et point de voleur à l'arraché se précipitant sur le sac de Carlita. Peut-être que la prochaine fois, une mise en espace un peu plus sordide s'imposera pour gagner un ou deux millions de téléspectateurs de plus, rivés à leur écran, les mains dans les chips et la bière de hard discounter sur la table basse du salon.
Nous n'avons pas été déçus. Nous avons eu droit à l'exposé complet du catalogue de chacun des candidats, avec un satisfecit pour M. Hollande qui nous a longuement répété "Moi président", "on rasera gratis", "le vin coulera à flot dans les fontaines publiques", "la retraite sera à 35 ans" et "j'interdirai les nains de jardin dans toutes les communes de France".
Trêve de plaisanterie et revenons à une analyse plus conforme aux sciences politiques.
Ce qui était réellement en jeu mercredi soir, c'était avant tout l'identité de la France. Au tout au moins une identité de la France. Il serait bon, en quelques lignes, d'apporter quelques éléments de réflexion à ce sujet.
La France dont nous parlons est née en 987 avec l'élection d'Hugues Capet au trône de France. Eh oui, nous avons bien écrit "élection", car il fut élu par une assemblée de comtes et de barons. Le premier des Capétiens accéda à cette magistrature suprême après le décès de Louis V, dernier des Carolingiens. En effet, ce descendant de Charlemagne clôtura la période née après le traité de Verdun de 843, partage de l'Empire d'Occident entre Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique, une époque de guerres rampantes pour reconstituer l'Empire morcelée.
A partir de 987, la France grandira et ira vers la conquête de ses frontières naturelles : les Pyrénées, les Alpes, le Rhin et l'Océan Atlantique. Partis de l'Ile-de-France, et d'un territoire national compris entre Paris et Orléans, les souverains se succédant n'auront de cesse d'unifier ce pays réel que la féodalité avait morcelée.
Tous ceux qui se mirent en travers de ce dessein connurent la froideur du fer des armées du Roi, ou la chaleur des brasiers de l'Eglise, bras sacré des Souverains. Pour mémoire, nous citerons quelques empêcheurs de France à tourner en rond : Cathares et Albigeois, Maisons de Toulouse et d'Anjou, Protestants et Juifs de diaspora. Cette expansion se termina, ne l'oublions jamais, par un génocide linguistique, qui fit que grâce aux hussards noirs de la République, les têtes à poux de paysans gascons et béarnais devinrent après quelques coups de règles bien placés des têtes de petits Français en devenir.
Jusqu'à la Révolution, point de question sur l'identité de la France. La France était là où était le Roi. Vous comprenez mieux pourquoi on lui courut derrière jusqu'à Varennes. En 1789, de drôles d'émeutiers prirent une forteresse vide et promenèrent la tête du pauvre gouverneur sur quelques piques acérées. Ce soulèvement était avant tout une gigantesque contestation fiscale et politique - parce que ceux qui créent la richesse du royaume n'avaient aucun droit à le gouverner. En effet, les commerçants, les artisans, les paysans riches et quelques avocats aigris étaient bien les moteurs de cette fronde.
Après une Fête de la Fédération qui célébra le mariage de la dynastie et de la nation, le grand souffle de liberté qui avait soufflé sur le pays se transforma en vent de malheur. Les coupeurs de jarret et les assassins de tout crin se mirent à l'ouvrage pour détruire les fondements mêmes de notre pays - ordre ancien, religion et coutumes jetés au feu.
Pourtant, nous étions tout près de la monarchie constitutionnelle. Rappelons-nous que Lafayette et bon nombre de nobles réformateurs préparaient le pays à de vrais changements. La France de la fin du XVIIIe siècle n'est pas une prison des peuples. C'est la première nation d'Europe. Elle a battu l'Angleterre sur terre et sur mer. Elle a donné la liberté à un continent, les Etats-Unis. Nos penseurs éclairent le monde entier de leurs Lumières de connaissances et de liberté. La torture a été abolie et notre Roi, curieux en toutes les sciences, a envoyé Monsieur de Lapérouse à la découverte du monde. La plus grande expédition scientifique jamais montée en son temps.
Malheureusement, l'Histoire réelle a balayé tout cela de nos mémoires. Et pour la première fois de leur Histoire millénaire, les Français furent divisés. Il y avait ceux, assis à la droite du Roi, et ceux assis à sa gauche. Cette triste époque se finit dans le sang des guerres napoléoniennes qui nous conduirent, pour notre malheur et celui de l'Europe, aux portes de Moscou.
Les temps passèrent et toutes les idéologies qui naquirent sur notre sol ou furent importées de quelques dictatures de l'Est continuèrent ce malheureux clivage. Tout était pensé en lutte des classes, en suprématie de l'un sur l'autre.
Le seul mythe fédérateur qui fut inventé fut celui du réveil du nationalisme pour cause de guerre perdue, 1870, et se termina avec la boucherie de la guerre de 1914. Pendant près de deux siècles, la France fut livrée à l'obscurantisme des Conservateurs ou condamnée à disparaître par la haine de tout ce qui pouvait être l'ancienne société.
Le point culminant de ce mal fut "l'étrange défaite" de 1940. La débâcle était déjà dans nos esprits avant d'être sur les champs de bataille.
Aujourd'hui, nous continuons ce jeu de massacre. De nouveaux clivages sont tous les jours instrumentalisés par les tenants du cosmopolitisme. On nous oblige à nous positionner "pour ou contre l'Islam", "la frontière", "la nation" deviennent des termes dévoyés. Même notre sacro-sainte envie de saucisson et de pinard peut paraître louche. Le mot "identité" est sur toutes les bouches, à toutes les sauces. Mais malgré les efforts de sociologues et d'experts apointés, aucune définition ne satisfait personne.
En conclusion, je dirai : Vive le Roi, Vive la République, la Nation et le petit mitron. D'Hugues Capet et même de Clovis et de Vercingétorix, il n'y a rien à jeter. Malgré nous, nous sommes bien les fils des Gaulois et nous n'avons jamais habité un village cerné de toutes parts, mais notre malheur actuel fait qu'en l'espace de cinquante ans, nous sommes passés de la taille d'un empire à celui d'un cap au bout de l'Europe. Empire dont nous avons perdu les territoires, mais dont nous avons hérité des fils.
Il serait temps d'arrêter de dire que seuls nous ne pouvons rien et je pense que nos prochains dirigeants doivent tout simplement réapprendre à gouverner et à imaginer des lendemains qui chantent pour notre grande nation.
Louis Marc
19:18 Publié dans Blog, Evenement, Festivités, Politique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : débat, présidentiel, présidentielles, billet d'humeur, 2012, sarkozy, hollande, france, 6 mai, identité de la france, identité nationale, histoire, rois, président, droite, gauche
25 avril 2012
François Bayrou a demandé d'éviter les prises de position individuelles sur le second tour
François Bayrou a demandé hier soir à ses équipes d'éviter les prises de position individuelles sur le second tour. Le président du Modem, candidat malheureux à l'élection présidentielle, a demandé en effet ce mardi aux membres de son équipe rapprochée d'éviter les prises de positions individuelles sur le second tour. Il a regretté tout particulièrement l'annonce presque immédiate de soutien à Nicolas Sarkozy de Jean Arthuis, l'un des piliers de la famille centriste.
Au niveau local, ce message reçu par de nombreux sympathisants du Modem, pas plus tard que ce matin, signé par François-Xavier de Peretti, Jean-Luc Bennahmias et Christophe Madrolle :
Vous avez été nombreux à nous interroger ces deux derniers jours, à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle. Nous souhaitons avoir tous ensemble, un moment d'échange et de débat au sujet de la situation de notre Mouvement. Ainsi, nous vous convions à une Union Régionale Extraordinaire à Aix-en-Provence, ce jeudi 26 avril à 19h à l'Hôtel Kyriad (42 route de Galice).
09:18 Publié dans Blog, Evenement, Festivités, Politique, Presse, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, consignes de vote, second tour, présidentielle, 2012, fxdp, françois xavier de peretti, christophe madrolle, jean-luc bennahmias, françois franceschi, france 21, jean arthuis, marseille, aix, législatives, juin, que faire, mouvement, débat, union régionale extraordinaire
21 février 2012
Des voeux à vingt millions d'euros.
Les voeux du président candidat (ou du candidat président) ont coûté à l'Etat vingt millions d'euros. En cette période d'austérité prônée par les plus fortunés, le peuple appréciera à sa juste mesure les efforts réalisés par Nicolas Sarkozy.
16:01 Publié dans Blog, Evenement, Festivités, Fin d'année, Politique, Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, présidentielle, élections, marseille, paris, france, coût, inflation, voeux, dépenses

